Pourquoi notre cheval moderne a-t-il besoin de fers alors que cela
fait des millions d'années que l'espèce Equus Caballus se déplace
sur tout type de terrain avec ses seuls sabots pour faire les km
quotidiens nécessaires à sa survie (nourriture, eau, fuite devant
les prédateurs) ?
Pourquoi et comment les mustang, issus des chevaux des
conquistadors, peuvent-ils marcher pieds nus une vingtaine de km par
jour sur tout type de sol, alors que l'on ressent le besoin de ferrer
même des chevaux n'évoluant qu'en carrière ou en manège ?
Nos chevaux n'ont-ils plus les même pieds ?
Faire vivre et travailler un cheval pieds nus est possible si on
redonne à ses sabots les caractéristiques morphologiques du sabot
du cheval sauvage, et si son mode de vie lui permet de stimuler une
pousse de corne adaptée à son travail et à son environnement.
Le parage naturel est une technique d'entretien et de soins des
sabots du cheval, dont les fondements reposent sur l'observation de
la morphologie et du fonctionnement du pied du cheval sauvage.
Lorsqu'on a l’œil formé par la culture équestre
traditionnelle, un sabot paré naturellement nous semble très
différent : il se reconnaît principalement à des talons très
bas, une pince qui semble longue et qui est biseauté au bout, des
talons très écartés, de part et d'autre d'une fourchette très
large et bien charnue, des barres qui affleurent à peine la sole, et
une sole qui forme une voute dont la clef est la pointe de la
fourchette.
Un sabot paré naturellement fonctionne de manière optimale, à
chaque appui :
- les talons s'écartent, les lacunes s'ouvrent, la fourchette
se déplie et vient en contact avec le sol, la voute de la sole
s'affaisse : le sabot se déforme et dissipe l'énergie de
l'impact, son volume augmente, il y a un afflux de sang autour des
structures osseuses qui, elles, ne changent pas de volume,
- au lever, à l'inverse, le sabot reprend une forme moins
évasée, se « resserre » autour des structures
osseuses, et le sang est refoulé.
C'est la répétition incessante de ce mécanisme, amplifié sur
les sols durs et/ou irréguliers, qui permet une irrigation sanguine
optimale et une stimulation continuelle des structures internes du
pied, permettant de produire des tissus d'une qualité adaptée à
leur fonction.
Grâce au parage naturel et à des conditions de vie adaptées,
des chevaux sont totalement transformés, qu'ils aient des
pathologies spécifiques du pied (fourbure, seimes, talons
contractés, sole plate, fourchette atrophiée, infection des
lacunes, syndrome naviculaire, aplombs pathologiques...), ou des
pathologies bien plus générales, notamment dermatologiques :
gale de boue, dermite estivale...